Adieu réseaux sociaux, bonjour procrastination.

J’étudiais péniblement pour un examen sur l’histoire du graphisme lorsque j’ai réalisé que j’avais un billet de blogue à écrire. Je me suis alors mise à réfléchir sur le sujet que je voulais aborder et j’ai ensuite réalisé que je déviais constamment de ma réflexion. En plus d’avoir cessé l’étude de mon examen, j’abandonnais à chaque minute l’idée de trouver un sujet de blogue pour me retrouver sur les réseaux sociaux ou en train de faire la vaisselle.

C’est alors que je me suis posée l’ultime question, celle que tous les sondages étudiants nous posent, celle avec laquelle tous les parents nous achalent, celle que je ne me suis jamais vraiment posée parce qu’écoeurée de l’entendre: les réseaux sociaux nuisent-ils à mes études?

Je n’ai pas vraiment trouvé de réponse définitive à la question. En fait, nous avons tous tendance à répondre que oui. C’est tellement évident qu’on ne prend même plus vraiment la peine de se poser la question, justement. Donc, nous n’y remédions pas. D’un côté, les réseaux sociaux nuisent évidemment à mes études, tout comme la télévision. Je perds un temps énorme à surfer sur Internet ou à zapper à travers mes 22 postes de télévision. Parce que toute raison est bonne pour procrastiner. Toutefois, même l’action de faire la vaisselle en devient une, à un certain moment. Selon moi, les réseaux sociaux, même si on dit le contraire, ont une limite. Inévitablement, un m’ment d’nné, Internet semble fini, vidé, dépouillé, plate. Alors on se tourne vers le ménage, la marche, le lavage, l’épicerie, etc. N’importe quoi pour se départir de notre « devoir » (dans tous les sens du terme). Tout cela pour dire que j’ai parfois l’impression que les « anti-réseaux sociaux » (si on peut les nommer ainsi) exagèrent et tentent de nous culpabiliser plus qu’il ne le faut. Parce que sans réseaux sociaux, l’étudiant trouve toujours un moyen de procrastiner…

Est-ce que les réseaux sociaux nuisent à mes études? Oui. Est-ce que l’épicerie nuit à mes études? Oui. Rendu là, on pourrait presque dire que la Vie nuit à mes études; il faut parfois apprendre à peser le pour et le contre et tout simplement se contrôler un peu.

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Le partage, les enfants, le partage.

Je parcourais les billets de blogue de mes collègues de classe lorsque celui-ci attira mon attention:

http://mediaburning.wordpress.com/2013/03/13/que-serait-notre-culture-sans-le-telechargement-illegal-%E2%80%A8/

De nos jours, plusieurs artistes œuvrant dans le domaine musical s’entendent pour dire que ce ne sont plus les ventes d’albums qui leur rapportent. En effet, comme mon collègue le mentionne, il s’agit plutôt des billets de spectacle et des produits dérivés qui permettent aux artistes de vivre de leur art. De ce fait, un groupe québécois comme les Vulgaires Machins retire beaucoup plus des téléchargements « illégaux » (peut-être, mais…) qui permettent aux œuvres de se propager et de se faire entendre sans aucune limite de temps, de lieu ou de budget. Ce n’est pas pour rien que Guillaume Beauregard, chanteur et guitariste des Vulgaires Machins justement, encourage ses fans à « voler » sa musique à la place d’encourager l’industrie du disque, qui « vole » les artistes. Toutefois, les fournisseurs Internet, selon lui, se remplissent aussi les poches sur le dos des artistes. On peut lire son opinion sur le sujet dans un article datant de février 2012, mais qui reste toujours d’actualité:

http://quebec.huffingtonpost.ca/guillaume-beauregard/telechargement-de-musique_b_1263558.html

Je suis la personne la moins enclin à télécharger quelque chose illégalement sur Internet. Premièrement parce que je n’ai aucune idée comment faire, et deuxièmement parce que mon cœur ne me le permettrait même pas. J’ai un amour inconditionnel pour les belles pochettes de disque ou de vinyle. J’aime autant le physique d’un album que la musique, je suis un peu vieux jeu. Pourtant, la disparition du CD ne me ferait pas tant de peine puisque je suis aussi une amoureuse de la musique et surtout des artistes québécois qui donnent leur vie pour nous offrir des œuvres senties et profondes. Le fait que ces œuvres peuvent être partagées un peu partout dans le monde me plaît bien, tout comme l’idée d’offrir une part des profits des fournisseurs d’accès internet aux artistes, qui fournissent en quelque sorte une partie du contenu. Et de toute façon, qu’est-ce qui nous empêche de prêter le CD qu’on a acheté légalement? N’apprenons-nous pas dès la maternelle qu’il faut partager, dans la vie? Je dis donc : partageons nos CDs, partageons aussi nos soirées et allons voir un spectacle des Vulgaires Machins tous ensemble.

Éloge à la plus grosse perte de temps.

Secrètement, je suis du genre à tout blâmer sur Internet mais sans le dire tout haut :

« Je n’ai pas eu le temps de finir ma dissertation de philo; j’ai trop niaisé sur Facebook. »

« J’ai dormi trois heures et demi parce que je n’étais plus capable d’arrêter de regarder les épisodes d’Arrested Development sur Netflix. »

« J’ai oublié de souper parce que j’étais trop occupée à regarder tous les vidéos du Valtari Mystery Film Experiment de Sigur Rós sur leur site web (allez perdre du temps là-dessus, ça vaut la peine de jeûner un peu) ».

Et puis je me demande à quoi aurait l’air un monde sans Internet. Est-ce que je mangerais mieux, est-ce que je dormirais plus, est-ce que j’aurais eu une cote R de 35 au Cégep? Quelque chose de bien pire existerait sûrement. L’être humain a besoin de communiquer et la plus belle façon de le faire est évidemment l’Internet. Parce que chaque domaine artistique est représenté, entre autre, par ce moyen de communication. Facebook me choque d’être souvent aussi impertinent, mais m’attire pour tout le reste, un peu indescriptible. YouTube me choque d’être souvent aussi impertinent que Facebook, mais m’attire pour tous les chef-d’œuvres qu’on y retrouve (et de toute façon, pour une plus grande proportion de chef-d’œuvres, il vaut mieux « perdre son temps » sur Vimeo). Bref, Internet est comme un gros canevas rempli d’impertinences, oui, mais en-dessous de la première couche, si on prend le temps de gratter, on peut découvrir des petits bijoux qui valent bien un léger manque de sommeil.

Quand même la course à la papauté fait la une de La Semaine…

C’est qu’on vit dans un monde où tout est transformé en télé-réalité. Parce que quand les magazines à potins s’arrachent les activités du Vatican, ça va mal!

Chaque fois que je fais l’épicerie, je me fais avoir comme une débutante par les articles en spécial. Et quand je réussi enfin à me rendre à la caisse, la dernière chose que j’ai envie de voir, c’est les magazines à potins, pollution visuelle abrutissante qui me force à regarder le chocolat juste à côté (et d’en acheter, cercle vicieux infini). Je ne suis pas une fanatique des médias de masse à la base, mais j’ai l’impression que ce genre de média apporte encore moins au monde dans lequel on vit. Et j’ai beaucoup de difficulté à comprendre le succès que ces magazines obtiennent. Je ne comprends absolument pas pourquoi on voudrait savoir les moindres détails de la vie d’Éric Lapointe et de ses enfants tout neufs.

Parfois, je paranoïe et je m’imagine un complot monté par les médias de masse et les grosses multinationales comme Walmart pour nous forcer à voir des choses qu’on ne voudrait pas nécessairement voir, mais qu’on meurt de dévorer à la première vue. Et ce, dans le seul but de nous aliéner. Parce qu’un client aliéné se croit forcément plus heureux et qu’un client heureux achète plus.

–          Et si le client échappe aux magazines, on fait quoi?
–          Pas grave, au moins, il va acheter du chocolat.

Comme dans le film.

Le titre à lui seul du billet de mon collègue (http://francoisthieulent.wordpress.com/2013/03/01/la-grande-seduction/) a réussi à me faire réfléchir sur la notion de séduction de Gilles Lipovetsky. En effet, « La grande séduction » m’a tout de suite rappelé l’existence du film québécois du même titre dans lequel un petit village portuaire de la Basse-Côte-Nord tente littéralement de séduire un médecin afin que celui-ci emménage. On y retrouve donc la notion de séduction que mon collègue mentionne dans son billet; les habitants du village se disant même amateurs de cricket et de jazz alors que c’est tout le contraire.

Mon collègue mentionne aussi la séduction en politique. Évidemment, l’idée de séduire le peuple par des promesses qui ne seront pas tenues n’est pas nouvelle. Tout récemment, alors que Pauline Marois devenait la première femme Première Ministre du Québec, son image s’est complètement écroulée. En effet, pendant la campagne électorale, Mme Marois se créait une image : celle de l’amie du peuple. De toute façon, après les Libéraux de Jean Charest, il était assez facile d’en aimer une autre. Et des images de Pauline arborant fièrement le carré rouge en tapant sur une casserole dans une manifestation illégale, prônant le gel des frais de scolarité et peut-être même la gratuité? Wow! Allons de ce pas voter pour cette grande femme. Et c’est ce qu’on a fait (pas moi, mais le peuple québécois, oui). Et maintenant? Pauline trahit le peuple qui l’a élu en imposant une indexation de 3% des frais de scolarité sans même au moins discuter du gel ou de la gratuité pendant le Sommet sur l’éducation. Une femme bien loin de celle qu’on a vu pendant la campagne électorale… Et malheureusement, ce processus se traduit à l’international.

La séduction se transformerait-elle inévitablement en mensonge?

De l’aura.

Suite à la parution de mon dernier billet de blogue, j’ai reçu un commentaire qui m’a porté à réfléchir à la notion de l’aura selon Jean Baudrillard, puisque je n’avais jamais pris la peine de transcrire mes pensées sur le sujet ici. Voici donc la question dont il est question : « Ces objets permettant de lire « des romans (!)* », entre autres, ont-il un impact sur la notion de l’aura? ».

Et voici ma réponse :

Totalement. Ce qui fait le livre, c’est son odeur, sa texture, sa flexibilité, sa couverture, l’épaisseur de ses pages, ses plis, ses fissures, ses pages bosselées parce que trempées accidentellement dans l’eau, le jaune d’un marqueur sur ses phrases touchantes, son odeur encore et encore… Je confirme sans l’ombre d’un doute qu’aucun écrivain n’écrit un roman en rêvant de se faire lire sur une tablette froide et rigide. Lire un roman sur une tablette électronique, c’est l’équivalent de filmer une pièce de théâtre et de la regarder chez vous. C’est immoral.

J’ai l’impression que le livre, l’objet, porte en lui l’aura de l’auteur, une partie de l’âme de celui-ci, et qu’en le lisant sur une tablette, on perd la vision que l’auteur avait en tête en nous partageant son histoire. Le livre est un événement unique, comme une pièce de théâtre, qui se passe ici et maintenant, entre ses pages minces qu’on n’ose pas toujours tourner.

Et l’artiste lui-même, possèderait-t-il une aura indépendamment de son œuvre? Je le crois, oui. Un artiste accompli émane quelque chose de spécial et de mystérieux qui fait que chaque geste posé, chaque œuvre créée et chaque endroit visité laisse une marque sur au moins une personne dans le monde. L’artiste lui-même est un événement. J’admire Stéphane Lafleur, qui a scénarisé et réalisé les films Continental, un film sans fusil et En terrains connus et qui est l’auteur, le chanteur et le guitariste du groupe folk Avec pas d’casque. J’aime toute son œuvre, j’aime sa façon de penser et j’aime sa fascinante manière de prendre la réalité et de la tordre. Pendant le dernier Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue, j’assistais au spectacle hallucinant d’Organ Mood quand j’ai dû quitter pour me rendre à un autre spectacle. En me retournant, Stéphane Lafleur se tenait debout, seul et en retrait de la foule. Quand je suis allée le remercier pour l’influence qu’il avait eu sur moi cinématographiquement, ça m’a frappé. Ici et maintenant, à minuit, des lumières multicolores dans les yeux et une trame sonore dans les oreilles dans une ruelle de Rouyn-Noranda, il se passe quelque chose. Ici et maintenant, dans ma vie, se forme un souvenir marquant. C’est ça, le pouvoir de l’aura.

*Je parle ici des tablettes électroniques comme Kindle, par exemple.

Aimez vos vieilles affaires.

Il existe un préjugé selon lequel les « jeunes » sont les pires gâtés pourris. Je me considère encore comme une « jeune », donc j’ai envie de me défendre un peu : c’est une généralisation qui me fait mal aux oreilles. Jean Baudrillard, lui, disait en 1970 que nous vivions dans une société de gaspillage. L’objet est devenu totalement éphémère. L’homme achète le bonheur jusqu’à ce qu’il ne devienne obsolète et le remplace par un bonheur tout neuf et à la mode. Je suis totalement d’accord et c’est encore plus vrai de nos jours, surtout chez les jeunes. Mais s’il-vous-plaît, ne les croyez pas tous pareils.

Et voilà le moment où je me défends moi et personne d’autre en me basant sur moi et seulement moi, la « jeune ».

Quand j’étais au secondaire, posséder un cellulaire était essentiel à la vie de tout bon jeune, et surtout lorsqu’il avait un clavier intégré. Je n’ai pas eu de cellulaire avant la fin de mon secondaire; mon père était inquiet de me savoir sur la route en hiver sans moyen de communication. J’ai donc hérité du vieux cellulaire de mon frère, qui s’en est acheté un plus récent (pour aucune raison valable).

L’ordinateur portable sur lequel j’écris ces mots (quoique j’aimerais mieux les écrire sur papier, mais il est difficile de publier un billet de blogue sur Poste Canada) a été acheté à rabais il y a au moins cinq ans lorsque son ancêtre est décédé.

La télévision sur laquelle je regarde 19-2 a minimum 15 ans et appartenait à mes parents. Elle commence à avoir de la misère, mais elle fonctionne avec mon VHS et mon DVD. Je suis comblée.

Pour tout vous dire, le seul moment où je me suis achetée moi-même un objet électronique dernier cri, c’était en 2003 lors de la sortie du iPod nano 3e génération. Je m’en sers à presque tous les jours depuis 10 ans et je n’ai aucunement l’intention de le remplacer jusqu’au temps où il s’éteindra pour de bon.

Ah! J’ai menti. Récemment, je me suis procurée un tourne-disque tout neuf pour faire jouer les vieux vinyles de mon grand-père.

Le reste de mes possessions électroniques m’ont été données de force (oui oui, de force) sans que je les ai demandées. Oui nous vivons dans une société de gaspillage. J’assiste à ce spectacle à tous les jours et j’y participe moi-même parfois. Toutefois, pour ce qui est de tous ces gadgets électroniques sur lesquels on regarde des films, on écoute de la musique ou on lit des romans (!), j’ai tendance à croire qu’il est préférable de consommer les œuvres elles-mêmes plutôt que les objets sur lesquels on les savoure.